Entretien avec Jean Philippe Gatien, lors des Championnats de France de tennis de table à Nîmes. 

Avec son palmarès chargé de médailles mondiales et olympiques, le Gardois reste la référence dans une discipline où la relève tarde toujours à éclore

ENTRETIEN

Le "ping" est-il un sport tendance ?
Ce qui fait la tendance, c'est la médiatisation et naturellement les résultats de ceux qui pratiquent le sport en question. Dans notre situation, il est donc indispensable que nos pongistes remportent des titres internationaux comme les championnats d'Europe et mondiaux. Or ce n'est plus le cas. On ne peut pas se satisfaire d'exister une fois tous les quatre ans pour les Jeux.

La situation est-elle préoccupante ?
On est dans un creux de génération et les gens ont perdu l'habitude de suivre nos résultats comme dans les années quatre-vingt-dix où l'on trustait les podiums européens, mondiaux et même olympiques.
Aujourd'hui, il n'y a plus ces fenêtres qui permettent de poser un regard soutenu

sur notre discipline, un engouement populaire comme à l'époque des Jeux de Barcelone et de Sydney.

Est-ce à dire que la Fédération n'a pas su, à un moment donné, se servir des bons résultats pour développer votre sport ?
La Fédé s'est peut-être trop reposée sur les pongistes de ma génération, sur leur longévité. Et on n'a pas su établir des bases de travail pour un renouvellement.
La particularité du tennis de table réside à la fois dans son exigence en tant que sport à part entière avec près de 200 000 licenciés et la partie loisir populaire qui représente des millions de pratiquants. La question est de savoir si on peut installer une passerelle entre les deux. Les joueurs de jardins ont-ils envie de transpirer en compétition et de prendre une licence ? Je n'en suis pas sûr.

Tout ça n'est pas très encourageant pour l'avenir ?
Détrompez-vous ! L'absence de résultats en seniors et d'une locomotive charismatique, ne signifie pas que la Fédération est inactive. Il y a eu un gros travail réalisé chez les jeunes, grâce notamment à l'action du DTN Michel Gadal.
Des cadets aux juniors, nous avons des titres européens et mondiaux individuels et par équipes. Le vivier de talents existe mais il faut réussir le passage jusqu'en seniors, entre l'éclosion et la confirmation.

La France n'est donc pas à la traîne par rapport aux autres nations ?
Elle fait à nouveau partie du gotha européen dans les catégories jeunes mais il y a un manque au niveau des seniors. Ces jeunes-là doivent être opérationnels à l'horizon 2016-2020.
Il faut laisser le temps au temps. L'apprentissage du haut niveau, c'est de se mesurer avec les adversaires asiatiques qui restent la référence.

Avez-vous un rôle particulier au sein de la Fédération ?
Non. Je fais partie du Team de l'équipementier Cornilleau et j'encadre les jeunes sous contrats avec nous. Par ailleurs, je participe à l'organisation du GP de Levallois qui est un peu la vitrine du "ping" en France. Je suis donc en contact permanent avec la compétition.

Qu'attendez-vous des Championnats de France de Nîmes ?
Ce qu'on peut en attendre : une grande fête pour notre discipline, un rendez-vous incontournable pour les licenciés, une photographie générale du niveau de notre sport.

Recueilli par Jean-Bernard STERNE

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