Confinement et pratique sportive

La simulation motrice, une alternative à la pratique sportive ?

Claire Calmels, chercheur en Neurosciences Cognitives
INSEP, Laboratoire Sport, Expertise et Performance

Qu’est-ce que la simulation motrice ?

La simulation motrice est un protocole qui consiste à reproduire la gestuelle sportive en pensée. Plus simplement, c’est « faire son sport dans sa tête ». On peut faire son sport dans sa tête en s’imaginant en train de réaliser une action, en observant cette action, en la décrivant ou en la mimant.

Quelle que soit la discipline pratiquée – que ce soit des disciplines de production de formes (la gymnastique artistique / rythmique, du trampoline, du plongeon, du saut à la perche) ou que ce soit des sports collectifs (basket-ball, football…), duels (judo, badminton, tennis de table) – on peut vivre son sport dans sa tête … Bien entendu, l’approche sera différente si l’on pratique des sports de reproduction de formes dans un milieu sans incertitude ou des sports où le sportif évolue dans un environnement incertain et changeant, au sein duquel il doit agir, s’adapter, et prendre des décisions sous de fortes contraintes temporelles.

Pourquoi pratiquer la simulation motrice ?

Il a été démontré très récemment, dans le domaine des neurosciences, qu’imaginer, observer, verbaliser et exécuter un mouvement activaient un certain nombre de zones communes du cerveau, notamment les aires motrices et somatosensorielles.

Si de nombreuses zones cérébrales communes sont mises en jeu lors de la simulation motrice d’un geste sportif et lors de son exécution réelle, on peut avancer que lorsqu’on s’entraîne à la simulation motrice, on s’entraîne aussi, pour partie, à la réalisation effective de ce geste.

Pratiquer la simulation motrice, c’est-à-dire pratiquer son sport dans sa tête, est-ce réellement efficace ?

Depuis 2014, une nouvelle approche basée sur la simulation motrice a été proposée aux sportifs blessés insépiens. Le but de cette approche est d’accompagner l’athlète blessé tout au long de sa remise en condition physique et d’optimiser la reprise de son entraînement en lui permettant de maintenir son niveau d’habilités technicotactiques.

Cet accompagnement, réalisé avec les athlètes des Pôles France d’Athlétisme (saut à la perche), d’Aviron, de Badminton, de Basket-Ball, d’Escrime, de Gymnastique Artistique / Rythmique, de Judo, de Natation Artistique, de Plongeon, de Taekwondo, de Tir à l’Arc, de Trampoline et de Tennis de Table, a montré son efficacité comme l’illustre les quelques témoignages ci-dessous.

« Ce que l’on a fait avec Claire, cela m’a permis de gagner beaucoup de temps sur ma rééducation, sur ma mobilité, sur ma motricité […]. J’ai surtout été actrice de ma guérison, je suis resté sportive de haut niveau tout le temps de ma blessure et cela a beaucoup facilité mon retour »

Astrid Guyard

Escrime, fleurettiste.

Quand imaginer, observer, mimer se révèle être une alternative à la pratique sportive…

Avoir recours à la simulation motrice lors d’une période d’inactivités dans des situations extrêmes et inédites comme nous le vivons actuellement permettrait au sportif, dès la levée des mesures de confinement, de retrouver très rapidement ses sensations, ses automatismes.

En effet, vivre une blessure et être confiné présentent des points communs. Dans les deux cas, le sportif n’est plus en mesure de pratiquer son sport avec toutes ses spécificités. Mais, contrairement aux athlètes blessés qui eux sont privés de motricité et son immobilisés, le sportif confiné, lui, peut entretenir sa forme physique, sa cardio. Ainsi, son retour à l’entraînement sera plus efficace et rapide comparé aux retours des athlètes blessés.

Concrètement, si vous êtes intéressé(e)s, vous pouvez contacter accomagnementperf@insep.fr

Des programmes et des suivis individualisés seront mis en place en tenant compte de la spécificité de la discipline sportive pratiquée, de la singularité de l’athlète, c’est-à-dire de ses ressources mentales, de son histoire personnelle, de sa sensibilité, de son vécu expérientiel, sans oublier le contexte au sein duquel il évolue.

« Pratiquer son sport dans sa tête » vous donnera de l’envie, de l’énergie et du plaisir…

Alors qu’attendez-vous ?

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